Une saison à Hydra

Premières lignes....jpg Premières lignes…

 » Ça aurait pu arriver n’importe où, n’importe quand, et ça aurait sûrement pu être bien pire. À Paris, par exemple, ou même à New York, avant une première ; avec le cœur de Lillian qui nous en faisait voir de toutes les couleurs, Emmanuel tétanisé à cause de la représentation, et moi qui passait d’un débordement d’émotions à un autre pour ramasser les morceaux que je redistribuais aux mauvaises personnes. En fait, c’est arrivé à Londres, deux semaines après la première de la pièce, à environ minuit vingt hier soir, dans la salle de bains de la maison meublée de Bedford Gardens. « 

Une saison à Hydra

Je remercie les éditions de La Table Ronde pour l’envoi de ce roman.
À sa sortie, en 1959,  » Une saison à Hydra «  a été salué par les critiques pour sa beauté et son originalité. Publié en ce début d’année 2019 aux éditions de La Table Ronde, dans la collection Quai Voltaire, ce somptueux roman d’Elizabeth Jane Howard est traduit de l’anglais par Cécile Arnaud, et majestueusement préfacé par Sybille Bedford.
Londres, 1950. Emmanuel Joyce est un auteur dramatique à succès, âgé d’une soixantaine d’années. Lui et son épouse Lillian – de vingt ans sa cadette – ont perdu leur fille Sarah à l’âge de deux ans, des suites d’une méningite.
Toujours accompagné de Jimmy Sullivan, son manager et homme à tout faire, Emmanuel tente, tant bien que mal de soutenir son épouse, de santé fragile, à surmonter ce drame. Ainsi, ils prennent la décision de se rendre à New York dans le but de dénicher une comédienne de talent pour jouer le rôle de Clemency dans la pièce de théâtre de Broadway.
Mais avant cela, ce trio doit annoncer à leur secrétaire Gloria, que ce voyage se fera sans elle.
p. 25 :  » M. Joyce lui a annoncé ce matin qu’elle ne pourrait pas venir à New York. Elle était terriblement déçue et tout ça. Je suppose que c’est pour cette raison qu’elle a pris le phénobarbital. « 
Tourmenté par le geste de désespoir de son ancienne secrétaire et maîtresse occasionnelle, Emmanuel est en proie à une certaine forme de culpabilité.
p. 46 :  » Il devait descendre du bus ; arrêter de boire, arrêter de séduire des secrétaires ; arrêter de blesser Lillian… »
Lors d’une réception, Lillian présente à son mari une jeune femme de dix-neuf ans, Alberta Young, tout droit sortie du presbytère de son père dans le Dorset. Jolie mais très naïve, Emmanuel et Jimmy concèdent que la jeune femme serait parfaite dans le rôle de secrétaire, ou du moins qu’elle apprendra le métier  sur le tas.
Finalement M. Joyce décolle de l’aéroport de Londres en direction de New York en compagnie d’Alberta. Décision prise à la dernière minute parce que la pauvre Madame Joyce était malade. Sullivan et elle arriveront donc plus tard, par le ferry.
Rapidement une certaine complicité s’installe entre Emmanuel et l’innocente Alberta.
p. 155 :  » Il éprouvait en sa compagnie une sensation de bien-être tendre qu’il n’avait jusqu’ici ressentie qu’après l’amour. »
Contrarié de ne pas trouver la perle rare malgré l’enchaînement des auditions pour le rôle de Clemency dans sa pièce, Emmanuel à la drôle d’idée de tenter un essai avec Alberta.
p. 20 :  » – Vous savez que j’ignore tout du travail de comédienne. »
Et c’est ainsi que ça s’est fini – ou que ça a commencé. « 
Mais Lillian, hantée par la mort de leur fille et fragilisée par sa maladie de cœur, se demande si les motivations de son mari pour confier le rôle à Alberta ne seraient pas d’ordre plutôt amoureux ? Elle se confie alors au fidèle Jimmy sur ses tourments et soupçons. Celui-ci tente de la rassurer au mieux.
p. 221 :  » – Elle a ce quelque chose qu’il faut pour incarner Clemency, c’est la principale raison pour laquelle nous voulons essayer avec elle. Ecoutez Lillian, je suis sûr que vous trouvez cette idée folle, mais vous pourriez grandement nous aider à en faire un succès. « 
Afin de permettre à Jimmy d’apprendre le métier d’actrice à Alberta dans les meilleures conditions, et surtout loin des obligations mondaines, le quatuor s’envole pour l’île d’Hydra. Dans ce cadre somptueux, des affinités se nouent.
Avec un sens du détail dans ses descriptions, Elizabeth Jane Howard a l’œil flaubertien. Les personnages sont la clé essentielle du succès de ce roman. Une écriture incroyable et un style parfaitement maîtrisé, donnent à cette œuvre un relief qui pour ma part n’ont pas leur pareil. Elizabeth Jane Howard était une auteure britannique d’une précellence littéraire incontestable. Quel bonheur à lire !

Note : 4/5

Auteure : Elizabeth Jane HOWARD

Traduit de l’anglais par Cécile ARNAUD

Année de parution : 2019

438 pages

https://www.editionslatableronde.fr/Catalogue/quai-voltaire/une-saison-a-hydra

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https://collectionimages.npg.org.uk/large/mw79441/Elizabeth-Jane-Howard.jp

 

 

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2 réflexions sur “Une saison à Hydra

  1. christineditemarmara

    Comment rester insensible quand tu parles de precellence littéraire ? Impossible. Je fais une capture d’écran. Merci beaucoup pour ta chronique ! ☺

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